Maspero, le cahier de Sarajevo

François Maspero et Klavdij Sluban, Balkans-Transit, photographié à Sarajevo, août 2017. © Tieri Briet

François Maspero et Klavdij Sluban, Balkans-Transit, photographié à Sarajevo, août 2017. © Tieri Briet

En mars 1995, François Maspero était à Sarajevo où il écrivait son journal. Depuis quatre ou cinq jours que je marche dans les rues de cette ville, je regrettais de n’avoir pas emporté Balkans-Transit, où Maspero racontait la vie des habitants pris au piège d’une guerre qui n’en finissait pas. Ce n’est qu’une parenthèse à l’intérieur du livre, qui raconte plusieurs voyages avec le photographe Klavdij Sluban, de l’Albanie à la Roumanie, en passant par la Macédoine et la Bulgarie. Par chance, j’ai pu emprunter le livre à la bibliothèque de l’Institut Français de Sarajevo. Relire ces pages vingt-et-un ans après la fin du siège, à l’intérieur d’une capitale qui semble encore déchirée par les accords de Dayton, c’est une plongée où l’on perd vite l’équilibre. Mieux vaut s’accrocher, et bénir François Maspero d’être le mémorialiste d’une guerre qui n’en a pas fini d’accuser notre Europe, celle de 2017 et pas seulement celle des années 90.

Retour en arrière : cahier de Sarajevo

En mars 1995, j’ai passé trois semaines solitaires à Sarajevo. J’étais décidé à ne rien écrire sur ce voyage-là. Trop de mots avaient déjà été dits et publiés qui, si bien intentionnés fussent-ils, n’apportaient rien, à mon sens, dans leur profusion même, parce que l’indignation répétée ne soulageait que leurs auteurs. (Je n’ai pas tout à fait tenu parole puisque j’ai écrit, quatre mois plus tard, un petit article, le plus descriptif possible, intitulé «Les murs de Sarajevo», par référence au Mur de Berlin et à Žid (le mur), la radio indépendante de la ville.

Puis il s’est passé quelque chose d’étrange. Pendant un an, j’ai oublié que j’avais tenu un journal de mon séjour. Ce n’est qu’en recherchant mes notes du présent voyage que je suis soudain tombé sur ce cahier dont j’extrais ici quelques pages.

Car encore une fois : comment traverser les Balkans en paix sans mettre, à chaque instant, sur chaque paysage, sur chaque figure, ceux des Balkans en guerre que l’on a connus ? Il n’y a pas eu de jour durant notre voyage où, ne serait-ce que par trois mots au détour du chemin Klavdij n’ait soudain évoqué Vukovar et Dubrovnik, et moi Sarajevo.

Attention ! Snipers - Sarajevo, mars 1995

Attention ! Snipers – Sarajevo, mars 1995

Vendredi 3 mars 1995. Ils tirent à la cible sur le tramway ou sur un passant. Aujourd’hui, trois blessés, un mort. Ils font cela juste devant l’hôtel Holliday Inn parce qu’ils savent que les journalistes sont là avec leurs caméras braquées en permanence et donc que la mort, filmée en direct, sera le soir même sur tous les écrans de télévision, sarajéviens et mondiaux. On peut donc dire qu’en vérité ce sont les caméras qui commandent le tir, et l’horaire des bulletins d’information qui commande l’heure de la mort. Aux pires moments du siège, des cameramen payaient un homme pour aller planter leur appareil à poste fixe sur la Sniper Allee et renouveler régulièrement la bande. Comme ça, ils avaient la certitude d’«assurer». A distance.

Il s’agit pour les Serbes de faire savoir, dès qu’ils en ont besoin, qu’ils sont toujours là, même en cette période de «cessez-le-feu». Ces jours-ci, c’était le président turc qui devait venir à Sarajevo. Il leur a suffi de tirer sur le tram, et hop ! la visite du président est ajournée.

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 François Maspero, Balkans-Transit, Photographies de Klavdij Sluban, janvier 1997, Seuil, Paris. Réédition en Points Seuil. Ce récit de cinq voyages accomplis dans les Balkans avec son complice, le photographe Klavdij Sluban, s’ouvre sur un « portrait de l’auteur » : « Conjonction de la grande et de la petite histoire ». Mêlant scènes du quotidien et pages d’histoire, Maspero fait de ce livre une « chronique sensible » du « cœur de l’Europe » « qui a toujours eu tendance à s’amputer elle-même de ce qui la gêne ». Il s’enfonce dans un fouillis de frontières et de peuples à la mémoire déchirée et oublieux de ce qui les unit. « Dans la solitude du touriste de fond », il s’interroge sur la nécessité du voyage, traverse le chaos architectural des villes et la littérature de ces pays, trouve, parfois, en l’autre sa famille. 

★ En remerciant Vasvija BAŠIĆ d’avoir bien voulu me prêter le livre de Maspero, ainsi que les poèmes d’Izet Sarajlic

★ Une exposition sur François Maspero, légère et peu coûteuse, peut circuler en Bretagne, réalisée par l’asso Rhizomes. Contacter Caroline Troin au 06 66 22 38 96.
Mail : rhizomes.dz@gmail.com

Un dossier Maspero est consultable sur le site de La Femelle du Requin

Strada Zambila, apprendre à voir les fleurs tsiganes de Bucarest

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La couverture du livre vue par Maria, une enfant rom de 4 ans

C’est la couverture qu’on aperçoit en premier. Le dessin d’une enfant habillée en Tsigane, une grande fleur rouge dans ses cheveux défaits, et l’envie de connaître son histoire. Il s’agit d’Ilinca, la grande sœur de Zoé et la narratrice du premier roman de Fanny Chartres, qui écrit en français et vit en Roumanie, à Bucarest. J’ai aimé ce livre, que j’ai lu et relu sur les routes de Bretagne, très loin de Bucarest où avaient lieu d’iportantes manifestations.

À l’autre bout de l’Europe, les Roumains ont la vie dure, les salaires restent bas et la img_5205corruption est devenue une plaie impossible à soigner. Le jour où des ministres ont voulu faire passer une loi pour amnistier les élus corrompus, les familles roumaines sont descendues par centaines de millers dans les rues pour demander leur démission. Le roman de Fanny Chartres parle précisément de cette maladie sociale, et des ravages qu’elle ne cesse pas de provoquer à l’intérieur des hôpitaux et administrations.

Le récit commence par le portrait de deux sœurs. C’est la plus grande qui raconte la plus jeune : « Zoé est comme ça : en joie perpétuelle. Elle voit en chaque matin une promesse de bonheur ; dans chaque crépuscule, un rêve nouveau à découvrir ; dans chaque attente une surprise en perspective. » La romancière de Bucarest a elle aussi une sœur, une sœur qui écrit des romans. Quand on le sait, quand on les lit l’une et l’autre, on ne peut pas s’empêcher d’y penser en découvrant la tendresse d’Ilinca pour Zoé. « Pour Marie, ma sœur, mon éternelle lueur » est-il écrit en première page du roman. Nous sommes dans une sororité douce, une double sororité où le jeu des miroirs rendent le récit deux fois plus tendre, dès le premier chapitre où l’on comprend que l’une est sage et l’autre espiègle.

« Je suis là sans être là, dit Ilinca d’elle-même dans le second chapitre. Rêveuse, disent mes professeurs. Prétentieuse, disent certains de mes camarades. » Les parents des deux sœurs sont partis pour la France, et pour longtemps. On les prend pour des « cueilleurs de fraises », c’est le mensonge qui a servi à justifier leur départ pour Yvetot, en Normandie. «Contrairement à ma petite sœur, je sais depuis longtemps que les Roumains partis à l’étranger sont désignés ainsi. Qu’ils ramassent des tomates en France, soignent des malades en Allemagne ou s’occupent de personnes âgées en Italie, ils sont tous des cueilleurs de fraises. Et nous, les enfants restés dans le pays où ils ne peuvent plus rien cueillir, nous sommes des petits de cueilleurs de fraises. »

img_5203En réalité, les fraises sont une chimère : le père des deux jeunes sœurs est un médecin tout juste diplômé qui s’est résolu à s’exiler en France pour y être opéré d’un cancer. En Roumanie, la corruption a fait des hôpitaux des lieux dangereux, où faute d’argent au noir pour se payer l’attention des infirmières et des médecins, on peut vous laisser mourir sans rien tenter. La moindre opération chirurgicale peut vous coûter toutes vos économies en dessous de table, si vous avez la chance d’en avoir suffisamment, et nombre de familles y ont laissé des fortunes pour essayer de sauver un parent.

Ilinca a du mal à accepter une vie si loin de ses parents. « Tu penses vraiment qu’on a de la chance d’être abandonnées par nos parents ? (…) de grandir avec une grand-mère sourde, un grand-père qui radote et huit chats de gouttière? » Ce sera l’occasion d’approcher une autre famille, celle de Florin qui est dans la classe d’Ilinca, une famille rom vivant dans la rue Zambila. L’occasion de découvrir le racisme ordinaire que vivent les Roms de Roumanie : « Ce qui me dérange, explique Florin, ce sont les regards, les gens qui changent de place quand je monte dans le bus, les employeurs qui ne veulent pas de Roms, ceux qui proposent à ma sœur après dix années de doit une place de femme de ménage dans le cabinet d’avocats où elle avait postulé après son stage de fin d’études, les gens qui taguent « Sale Tzigane » sur le kiosque à fleurs de ma mère, le président roumain utilisant les mêmes termes pour s’adresser à une journaliste de télévision et accusant quatre ans plus tard les Roms de voler… »

Alors qu’Ilinca apprend à connaître la vie de Florin et des siens, l’intolérance maladive des Roumains envers le peuple rom montre toute sa violence. « Dans l’esprit de beaucoup de Roumains, les Roms sont les premiers responsables des actes les plus vils. Et leur image n’est pas près de s’améliorer : même le dictionnaire de langue roumaine définit le terme « tzigane » comme un « épithète-adjectif donné à une personne ayant de mauvaises habitudes… »

C’est la beauté de ce roman, que de tracer le portrait d’une famille de Tsiganes à travers le regard d’une très jeune adolescente, amenée à renoncer aux préjugés enracinés dans sa propre famille. Et de révéler la part d’ombre d’une société roumaine pourtant préoccupée de justice sociale : en Roumanie, les premières victimes de la corruption à l’hôpital sont les Roms, qui n’ont d’accès aux soins qu’après avoir subi un racket ancré dans les pratiques médicales et chirurgicales : « Mon père… explique Florin à Ilinca. Il est mort dans un hôpital de Bucarest, maman dit qu’il serait encore avec nous s’il avait été hospitalisé dans un autre pays. Je me rappelle de nos visites dans sa chambre qu’il devait partager avec sept autres patients au cours d’un été caniculaire. Les infirmières n’avaient même pas de médicaments ou de pansements pour soigner les malades, les familles devaient aller les acheter elles-mêmes. Et puis, combien d’enveloppes maman a dû glisser dans les poches des infirmières et des médecins pour être sûre que papa reçoive les soins nécessaires ? Mais sans doute qu’elle n’a pas mis assez de sous dedans puisqu’il est mort… Il avait trente-cinq ans. »

Strada Zambila, marchande de fleurs à Bucarest

Strada Zambila, marchande de fleurs à Bucarest

Ainsi dépeinte, la Roumanie peut sembler sombre mais le roman de Fanny Chartres est lumineux. La joie de Zoé, la petite sœur, y est pour beaucoup. Et puis la maman de Florin vend des fleurs dans un des parcs de Bucarest : ce sont ses bouquets qui vont ornementer l’amour naissant entre Ilinca et le jeune Rom qu’elle a appris à comprendre. Ensemble, pour un concours scolaire, ils créent un blog où les photos d’« Ily » illustrent les poèmes de Florin. Un premier amour se dessine à l’intérieur d’un premier roman, à travers ses écrits à lui et ses images à elle, photographies de Bucarest. Une capitale où cet hiver, des centaines de milliers de parents, accompagnés de leurs enfants, sont venus se dresser contre la corruption que leurs ministres voulaient légaliser.

Fanny Chartres, Strada Zambila, collection Neuf de l’école des loisirs, 214 pages, janvier 2017.

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Clara Usón, seule face à Mladić qui voulait tuer tous les musulmans de Bosnie

Clara Usón, La Hije del Este

Clara Usón, La Hija del Este, Seix Barral, 2012

Dans La Fille de l’Est, si l’on excepte le personnage principal – Ana Mladić, qui s’est réellement suicidée d’une balle dans la tête en 1994 – la plupart des personnages sont aujourd’hui détenus, inculpés de crimes contre l’humanité et prêts à tous les mensonges, à toutes les trahisons pour échapper à la prison à vie.

Clara Usón est romancière. Habituellement, elle invente des personnages mais pour écrire La Fille de l’Est, elle a repris la figure d’Ana Mladić, fille du général Ratko Mladić qu’en France, les envoyés spéciaux en Bosnie avaient baptisé le boucher des Balkans. Longtemps recherché en Serbie, commandant en chef de l’armée serbe de Bosnie qui bombardait Sarajevo et massacrait les musulmans de Srebrenica, c’est une des pires ordures que l’Europe ait vu naître depuis Hitler, Staline ou Franco. En faire le personnage central d’un roman, c’était une idée un peu monstrueuse, qui demanda trois ans de recherche pour aboutir à un livre complexe, où Mladić est d’abord un bon père de famille, juste un peu coléreux par moments, mais harassé par un travail difficile qui consistait à nettoyer la Bosnie Herzégovine de tous ses musulmans.

Un graffiti représentant Ratko Mladic dessiné sur un mur de Belgrade le 29 mai 2011.

Un graffiti représentant Ratko Mladic, dessiné sur un mur de Belgrade le 29 mai 2011, au moment de son arrestation

« Son père était ce genre d’homme, capable de déplorer la mort d’un insecte. Sous son air austère et sa moralité inflexible, que certains prenaient pour de l’arrogance, se cachait un être timide au grand cœur. » (p. 165)
Et c’est d’abord la figure d’un héros qui s’édifie par les cinq cents pages du roman: « Personne ne se demandait ce qu’on pouvait faire pour que le pays s’en sorte, à l’exception de rares idéalistes comme son père, prêt à laisser sa peau, son sang, ses os, pour son peuple. » (p.168)

Adoré par sa fille, le général est raconté par Clara Usón à travers les yeux de ceux qui l’aiment, et c’est le plus troublant dans les premières pages du roman. Parce qu’en lisant, on se souvient aussi de ce vieil homme en costume gris, un peu perdu face à ses juges. Ce n’est qu’en mai 2011, après seize années de cavale, que la police serbe avait pris la peine d’arrêter et d’extrader Mladić aux Pays Bas, qu’il comparaisse enfin devant le Tribunal pénal international de La Haye.

Face à ses juges et à son procureur, Mladić doit répondre de onze chefs d’inculpation de génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. L’instruction du procès est en cours, mais l’ancien chef d’Etat-major a déjà annoncé qu’il refusait de plaider coupable. Les audiences n’auront lieu que le matin pour que l’accusé, déjà victime de trois attaques cérébrales et à demi paralysé, puisse suivre le rythme d’un procès qui pourrait durer plusieurs années.

Ratko Mladic au tribunal de La Haye, en 2012

Ratko Mladic au tribunal de La Haye, en 2012

Le roman ne raconte rien du procès. Au présent, tandis qu’on lit ce livre paru en 2012 en Espagne, en France deux ans après, Mladić est devenu ce prisonnier malade et affaibli qui a gardé sa morgue, sa mauvaise foi et son mépris pour la justice. Portant casquette et costume gris, c’est un monstre en cage que filment les caméras des journalistes à sa première comparution, quand il annonce au juge qu’il plaidera non-coupable.

En avril 2015, Zdravko Tolimir, un général de l’armée serbe considéré comme le bras droit de Mladić, a vu sa condamnation à perpétuité confirmée en appel et c’est une bonne nouvelle pour les familles des victimes. Munira Subasic, présidente de l’association des Mères de Srebrenica et Zepa, s’est déclarée satisfaite, impatiente aussi d’apprendre le sort qui sera fait au général en chef.

Danilo Kiš

Danilo Kiš

Tout l’intérêt de La Fille de l’Est est dans cette distorsion. Ce personnage complexe et de plus en plus monstrueux que le roman dessine, nous connaissons son image au présent, celle d’une ordure venue jouer les justiciers au ban des accusés. Le verdict sera donné fin 2015, et la lecture du roman de Clara Usón en sera certainement à nouveau modifiée. Et c’est un mystère de la littérature, que cette capacité de métamorphoser un texte à partir d’une actualité qui continue de résonner à travers lui.

Au dernier chapitre du roman, l’un des personnages raconte une nouvelle de Danilo Kiš, Il est glorieux de mourir pour la patrie, parue en France dans L’Encyclopédie des morts. Le récit de Danilo Kiš se termine par des mots qui frappent, qui viennent aussi refermer le roman de Clara Usón : « L’histoire est écrite par les vainqueurs. Le peuple tisse les légendes. Les écrivains développent leur imagination. Seule la mort est indubitable. »

Delila Lacevic, à gauche, avec ses cousins durant le siège de Sarajevo© John Costello, Granta

Delila Lacevic, à gauche, avec ses cousins durant le siège de Sarajevo. © John Costello, Granta

Hors-roman, Delila Lacevic tisse une autre légende après avoir fui la Bosnie, adoptée avec son frère par un couple du Kansas après la mort de ses parents. A 38 ans, elle n’est pas devenue un des personnages du livre mais elle a survécu aux massacres ordonnés par Mladić, qu’elle défie aujourd’hui à voix haute en utilisant la tribune du Los Angeles Times :
« Vous ne m’avez pas détruite. Vous ne m’avez pas tuée, même si vous avez essayé de le faire. Par le seul fait d’avoir survécu, j’ai gagné. »

Et j’avoue, c’est vrai, j’aurais voulu que Delila Lacevic puisse devenir, elle aussi, un personnage de La Fille de l’Est, que sa parole figure après les quatre phrases de Danilo Kiš pour terminer une nouvelle version du roman, écrite après la condamnation à vie de son principal personnage. Que le peuple puisse continuer de tisser ses légendes.

Arles, dans la maison d’Anne, mardi 22 septembre 2015

Clara Usón, La Fille de l'Est, Gallimard, 2014

Clara Usón, La Fille de l’Est, Gallimard, 2014

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Clara Usón, livres parus en espagnol :

Las noches de San Juan, Lumen, 1998.
Primer vuelo, El Aleph2001
El viaje de las palabras, Plaza & Janes Editores2005
Perseguidoras, Alfaguara, 2006
Corazón de napalm, Seix Barral, 2010
La hija del Este, Seix Barral, 2012

Ouvrages de Clara Usón traduits en français :

Cœur de napalm, JC Lattès, 2012
La Fille de l’Est, Gallimard, 2014