Maspero, libre citoyen de la libre Europe dans une capitale libre d’Europe

Gilles Peress, Bosnie-Herzégovine, 1993

Gilles Peress, Bosnie-Herzégovine, 1993

En mars 1995, François Maspero était à Sarajevo où il écrivait son journal. Depuis cinq ou six jours que je marche dans les rues de cette ville, je regrettais de n’avoir pas emporté Balkans-Transit, où Maspero racontait la vie des habitants pris au piège d’une guerre qui n’en finissait pas. Ce n’est qu’une parenthèse à l’intérieur du livre, qui raconte plusieurs voyages avec le photographe Klavdij Sluban, de l’Albanie à la Roumanie, en passant par la Macédoine et la Bulgarie. Par chance, j’ai pu emprunter le livre à la bibliothèque de l’Institut Français de Sarajevo. Relire ces pages vingt-et-un ans après la fin du siège, à l’intérieur d’une capitale qui semble encore déchirée par les accords de Dayton, c’est une plongée où l’on perd vite l’équilibre. Mieux vaut s’accrocher, et bénir François Maspero d’être le mémorialiste d’une guerre qui n’en a pas fini d’accuser notre Europe, celle de 2017 et pas seulement celle des années 90.

Cahier de Sarajevo, dimanche 5 mars 1995.

C’est Romain qui m’a dit qu’il fallait absolument prendre des notes, sinon «on s’habitue très vite et on oublie.» C’est lui, aussi, qui a employé l’expression : « des morts vivants».
Difficile de me forcer à noter – à écrire. La réalité envahit, elle déborde, elle refuse de passer par les mots, les doigts, le stylo, le cahier. Elle s’abat sur le corps et l’esprit, les pénètre, y pèse de son poids de plomb, s’y installe, inhibe et paralyse.

Abbas, Sarajevo, 1993. Au cimetière musulman, un soldat bosniaque en uniforme prie sur la tombe de sa jeune femme, tuée par les tirs serbes.

Abbas, Sarajevo, 1993. Au cimetière musulman, un soldat bosniaque en uniforme prie sur la tombe de sa jeune femme, tuée par les tirs serbes.

On cherche des analogies et toutes sont fausses. La seule chose qui se rapproche de ce que je vois (qui n’est qu’une partie de ce que je sens), c’est un film de propagande nazie tourné je ne sais plus où, à Bergen-Belsen ou à Terezin. On y voyait chacun vaquer à ses occupations quotidiennes, des musiciens donner un concert, etc.
C’est un cas sans précédent dans l’histoire, une perversion pathologique de tous les sièges d’une ville connus. Le siège prolongé indéfiniment grâce à une aide humanitaire orchestrée par une armée – les Casques bleus – qui occupe militairement le terrain et, au lieu de se battre, fait de la bienfaisance.
C’est un camp de concentration dont les gardiens nazis seraient tenus à l’extérieur des barbelés. À l’intérieur, il y a des bons gardiens, compatissants. Mais qui font bien attention de ne pas laisser sortir les détenus, ou alors au compte-gouttes. Les nazis, du dehors, tirent sur le camp quand ça leur plaît et où ça leur chante, et les bons gardiens ramassent parfois les blessés et les morts. Puis ils vont prendre un café ou une slivovic avec les nazis.
Je sais que tout le monde répète ces lieux communs-là. Mais ce sont quand même des lieux communs qui tuent.

Gilles Peress, Sarajevo, 1993. Départ des Juifs à Skanderia.

Gilles Peress, Sarajevo, 1993. Départ des Juifs à Skanderia.

Ce dimanche matin, moins angoissé par ma solitude que les jours précédents. Le léger printemps du début de la semaine a disparu. Il pleut et Sarajevo a pris l’habit de boue et d’ordure, de noir et de gris qui lui convient. Le ciel bleu et doux était choquant. On voyait chaque détail des lignes serbes sur les hauteurs, au bout des rues. Maintenant, le voile de brume et la couche de nuages bas suivent à peu près leur contour. On se sent presque à l’abri.

Trois sortes de tirs. Coups, lourds, de mortier (ou de canon). Rafales de mitrailleuse lourde. Ordinairement, ces dernières se répondent de camp à camp. Et aboiements secs, jamais plus de trois ou quatre de suite (pour des raisons évidentes) d’armes individuelles. Les détonations de mortier et de mitrailleuse viennent pour la plupart des hauteurs qui surplombent la ville au sud – ou, plus à l’ouest, de la ligne de front de l’aéroport.
Seuls les tirs isolés – des snipers – expriment le but unique, nu : tuer.

Gilles Peress, Bosnie-Herzégovine, 1993.

Gilles Peress, Bosnie-Herzégovine, 1993.

« Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous travaillez pour quelle organisation (projet, programme, etc.) ? Dans quel cadre?»
Peut-être ai-je eu tort de me situer, pour avoir l’air d’être comme tout le monde, «dans le cadre» du «projet» de Francis Bueb – puisqu’il s’avère que ledit projet (centre, librairie, bibliothèque) n’est pas suffisamment avancé pour que je puisse, pour cette fois, être utile à quelque chose. Comme si j’avais honte, comme si c’était impossible de dire : maintenant que je suis venu, je reste par mes propres moyens, pour mon propre compte, libre citoyen de la libre Europe dans une capitale libre d’Europe.
Côté bosniaque, la méfiance est justifiée. Je ne suis qu’un étranger de plus à Sarajevo qui en compte déjà trop.

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François Maspero, Klavdij Sluban, Balkans-Transit, Points Poche

François Maspero, Klavdij Sluban, Balkans-Transit, Points Poche

★ François Maspero, Balkans-Transit, Photographies de Klavdij Sluban, janvier 1997, Seuil, Paris. Réédition en Points Seuil. Ce récit de cinq voyages accomplis dans les Balkans avec son complice, le photographe Klavdij Sluban, s’ouvre sur un « portrait de l’auteur » : « Conjonction de la grande et de la petite histoire ». Mêlant scènes du quotidien et pages d’histoire, Maspero fait de ce livre une « chronique sensible » du « cœur de l’Europe » « qui a toujours eu tendance à s’amputer elle-même de ce qui la gêne ». Il s’enfonce dans un fouillis de frontières et de peuples à la mémoire déchirée et oublieux de ce qui les unit. « Dans la solitude du touriste de fond », il s’interroge sur la nécessité du voyage, traverse le chaos architectural des villes et la littérature de ces pays, trouve, parfois, en l’autre sa famille.

★ En remerciant Vasvija BAŠIĆ d’avoir bien voulu me prêter le livre de Maspero, Balkans-Transit, ainsi que les poèmes d’Izet Sarajlic, Nés en vingt-trois, morts en quarante-deux, traduits du bosniaque par Mireille Robin, n&b éditions, 1999.

★ Une exposition sur François Maspero, légère et peu coûteuse, peut circuler en Bretagne, réalisée par l’asso Rhizomes. Contacter Caroline Troin au 06 66 22 38 96.
Mail : rhizomes.dz@gmail.com

★ Un dossier Maspero est consultable sur le site de La Femelle du Requin

Maspero, le cahier de Sarajevo

François Maspero et Klavdij Sluban, Balkans-Transit, photographié à Sarajevo, août 2017. © Tieri Briet

François Maspero et Klavdij Sluban, Balkans-Transit, photographié à Sarajevo, août 2017. © Tieri Briet

En mars 1995, François Maspero était à Sarajevo où il écrivait son journal. Depuis quatre ou cinq jours que je marche dans les rues de cette ville, je regrettais de n’avoir pas emporté Balkans-Transit, où Maspero racontait la vie des habitants pris au piège d’une guerre qui n’en finissait pas. Ce n’est qu’une parenthèse à l’intérieur du livre, qui raconte plusieurs voyages avec le photographe Klavdij Sluban, de l’Albanie à la Roumanie, en passant par la Macédoine et la Bulgarie. Par chance, j’ai pu emprunter le livre à la bibliothèque de l’Institut Français de Sarajevo. Relire ces pages vingt-et-un ans après la fin du siège, à l’intérieur d’une capitale qui semble encore déchirée par les accords de Dayton, c’est une plongée où l’on perd vite l’équilibre. Mieux vaut s’accrocher, et bénir François Maspero d’être le mémorialiste d’une guerre qui n’en a pas fini d’accuser notre Europe, celle de 2017 et pas seulement celle des années 90.

Retour en arrière : cahier de Sarajevo

En mars 1995, j’ai passé trois semaines solitaires à Sarajevo. J’étais décidé à ne rien écrire sur ce voyage-là. Trop de mots avaient déjà été dits et publiés qui, si bien intentionnés fussent-ils, n’apportaient rien, à mon sens, dans leur profusion même, parce que l’indignation répétée ne soulageait que leurs auteurs. (Je n’ai pas tout à fait tenu parole puisque j’ai écrit, quatre mois plus tard, un petit article, le plus descriptif possible, intitulé «Les murs de Sarajevo», par référence au Mur de Berlin et à Žid (le mur), la radio indépendante de la ville.

Puis il s’est passé quelque chose d’étrange. Pendant un an, j’ai oublié que j’avais tenu un journal de mon séjour. Ce n’est qu’en recherchant mes notes du présent voyage que je suis soudain tombé sur ce cahier dont j’extrais ici quelques pages.

Car encore une fois : comment traverser les Balkans en paix sans mettre, à chaque instant, sur chaque paysage, sur chaque figure, ceux des Balkans en guerre que l’on a connus ? Il n’y a pas eu de jour durant notre voyage où, ne serait-ce que par trois mots au détour du chemin Klavdij n’ait soudain évoqué Vukovar et Dubrovnik, et moi Sarajevo.

Attention ! Snipers - Sarajevo, mars 1995

Attention ! Snipers – Sarajevo, mars 1995

Vendredi 3 mars 1995. Ils tirent à la cible sur le tramway ou sur un passant. Aujourd’hui, trois blessés, un mort. Ils font cela juste devant l’hôtel Holliday Inn parce qu’ils savent que les journalistes sont là avec leurs caméras braquées en permanence et donc que la mort, filmée en direct, sera le soir même sur tous les écrans de télévision, sarajéviens et mondiaux. On peut donc dire qu’en vérité ce sont les caméras qui commandent le tir, et l’horaire des bulletins d’information qui commande l’heure de la mort. Aux pires moments du siège, des cameramen payaient un homme pour aller planter leur appareil à poste fixe sur la Sniper Allee et renouveler régulièrement la bande. Comme ça, ils avaient la certitude d’«assurer». A distance.

Il s’agit pour les Serbes de faire savoir, dès qu’ils en ont besoin, qu’ils sont toujours là, même en cette période de «cessez-le-feu». Ces jours-ci, c’était le président turc qui devait venir à Sarajevo. Il leur a suffi de tirer sur le tram, et hop ! la visite du président est ajournée.

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 François Maspero, Balkans-Transit, Photographies de Klavdij Sluban, janvier 1997, Seuil, Paris. Réédition en Points Seuil. Ce récit de cinq voyages accomplis dans les Balkans avec son complice, le photographe Klavdij Sluban, s’ouvre sur un « portrait de l’auteur » : « Conjonction de la grande et de la petite histoire ». Mêlant scènes du quotidien et pages d’histoire, Maspero fait de ce livre une « chronique sensible » du « cœur de l’Europe » « qui a toujours eu tendance à s’amputer elle-même de ce qui la gêne ». Il s’enfonce dans un fouillis de frontières et de peuples à la mémoire déchirée et oublieux de ce qui les unit. « Dans la solitude du touriste de fond », il s’interroge sur la nécessité du voyage, traverse le chaos architectural des villes et la littérature de ces pays, trouve, parfois, en l’autre sa famille. 

★ En remerciant Vasvija BAŠIĆ d’avoir bien voulu me prêter le livre de Maspero, ainsi que les poèmes d’Izet Sarajlic

★ Une exposition sur François Maspero, légère et peu coûteuse, peut circuler en Bretagne, réalisée par l’asso Rhizomes. Contacter Caroline Troin au 06 66 22 38 96.
Mail : rhizomes.dz@gmail.com

Un dossier Maspero est consultable sur le site de La Femelle du Requin

Clara Usón, seule face à Mladić qui voulait tuer tous les musulmans de Bosnie

Clara Usón, La Hije del Este

Clara Usón, La Hija del Este, Seix Barral, 2012

Dans La Fille de l’Est, si l’on excepte le personnage principal – Ana Mladić, qui s’est réellement suicidée d’une balle dans la tête en 1994 – la plupart des personnages sont aujourd’hui détenus, inculpés de crimes contre l’humanité et prêts à tous les mensonges, à toutes les trahisons pour échapper à la prison à vie.

Clara Usón est romancière. Habituellement, elle invente des personnages mais pour écrire La Fille de l’Est, elle a repris la figure d’Ana Mladić, fille du général Ratko Mladić qu’en France, les envoyés spéciaux en Bosnie avaient baptisé le boucher des Balkans. Longtemps recherché en Serbie, commandant en chef de l’armée serbe de Bosnie qui bombardait Sarajevo et massacrait les musulmans de Srebrenica, c’est une des pires ordures que l’Europe ait vu naître depuis Hitler, Staline ou Franco. En faire le personnage central d’un roman, c’était une idée un peu monstrueuse, qui demanda trois ans de recherche pour aboutir à un livre complexe, où Mladić est d’abord un bon père de famille, juste un peu coléreux par moments, mais harassé par un travail difficile qui consistait à nettoyer la Bosnie Herzégovine de tous ses musulmans.

Un graffiti représentant Ratko Mladic dessiné sur un mur de Belgrade le 29 mai 2011.

Un graffiti représentant Ratko Mladic, dessiné sur un mur de Belgrade le 29 mai 2011, au moment de son arrestation

« Son père était ce genre d’homme, capable de déplorer la mort d’un insecte. Sous son air austère et sa moralité inflexible, que certains prenaient pour de l’arrogance, se cachait un être timide au grand cœur. » (p. 165)
Et c’est d’abord la figure d’un héros qui s’édifie par les cinq cents pages du roman: « Personne ne se demandait ce qu’on pouvait faire pour que le pays s’en sorte, à l’exception de rares idéalistes comme son père, prêt à laisser sa peau, son sang, ses os, pour son peuple. » (p.168)

Adoré par sa fille, le général est raconté par Clara Usón à travers les yeux de ceux qui l’aiment, et c’est le plus troublant dans les premières pages du roman. Parce qu’en lisant, on se souvient aussi de ce vieil homme en costume gris, un peu perdu face à ses juges. Ce n’est qu’en mai 2011, après seize années de cavale, que la police serbe avait pris la peine d’arrêter et d’extrader Mladić aux Pays Bas, qu’il comparaisse enfin devant le Tribunal pénal international de La Haye.

Face à ses juges et à son procureur, Mladić doit répondre de onze chefs d’inculpation de génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. L’instruction du procès est en cours, mais l’ancien chef d’Etat-major a déjà annoncé qu’il refusait de plaider coupable. Les audiences n’auront lieu que le matin pour que l’accusé, déjà victime de trois attaques cérébrales et à demi paralysé, puisse suivre le rythme d’un procès qui pourrait durer plusieurs années.

Ratko Mladic au tribunal de La Haye, en 2012

Ratko Mladic au tribunal de La Haye, en 2012

Le roman ne raconte rien du procès. Au présent, tandis qu’on lit ce livre paru en 2012 en Espagne, en France deux ans après, Mladić est devenu ce prisonnier malade et affaibli qui a gardé sa morgue, sa mauvaise foi et son mépris pour la justice. Portant casquette et costume gris, c’est un monstre en cage que filment les caméras des journalistes à sa première comparution, quand il annonce au juge qu’il plaidera non-coupable.

En avril 2015, Zdravko Tolimir, un général de l’armée serbe considéré comme le bras droit de Mladić, a vu sa condamnation à perpétuité confirmée en appel et c’est une bonne nouvelle pour les familles des victimes. Munira Subasic, présidente de l’association des Mères de Srebrenica et Zepa, s’est déclarée satisfaite, impatiente aussi d’apprendre le sort qui sera fait au général en chef.

Danilo Kiš

Danilo Kiš

Tout l’intérêt de La Fille de l’Est est dans cette distorsion. Ce personnage complexe et de plus en plus monstrueux que le roman dessine, nous connaissons son image au présent, celle d’une ordure venue jouer les justiciers au ban des accusés. Le verdict sera donné fin 2015, et la lecture du roman de Clara Usón en sera certainement à nouveau modifiée. Et c’est un mystère de la littérature, que cette capacité de métamorphoser un texte à partir d’une actualité qui continue de résonner à travers lui.

Au dernier chapitre du roman, l’un des personnages raconte une nouvelle de Danilo Kiš, Il est glorieux de mourir pour la patrie, parue en France dans L’Encyclopédie des morts. Le récit de Danilo Kiš se termine par des mots qui frappent, qui viennent aussi refermer le roman de Clara Usón : « L’histoire est écrite par les vainqueurs. Le peuple tisse les légendes. Les écrivains développent leur imagination. Seule la mort est indubitable. »

Delila Lacevic, à gauche, avec ses cousins durant le siège de Sarajevo© John Costello, Granta

Delila Lacevic, à gauche, avec ses cousins durant le siège de Sarajevo. © John Costello, Granta

Hors-roman, Delila Lacevic tisse une autre légende après avoir fui la Bosnie, adoptée avec son frère par un couple du Kansas après la mort de ses parents. A 38 ans, elle n’est pas devenue un des personnages du livre mais elle a survécu aux massacres ordonnés par Mladić, qu’elle défie aujourd’hui à voix haute en utilisant la tribune du Los Angeles Times :
« Vous ne m’avez pas détruite. Vous ne m’avez pas tuée, même si vous avez essayé de le faire. Par le seul fait d’avoir survécu, j’ai gagné. »

Et j’avoue, c’est vrai, j’aurais voulu que Delila Lacevic puisse devenir, elle aussi, un personnage de La Fille de l’Est, que sa parole figure après les quatre phrases de Danilo Kiš pour terminer une nouvelle version du roman, écrite après la condamnation à vie de son principal personnage. Que le peuple puisse continuer de tisser ses légendes.

Arles, dans la maison d’Anne, mardi 22 septembre 2015

Clara Usón, La Fille de l'Est, Gallimard, 2014

Clara Usón, La Fille de l’Est, Gallimard, 2014

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Clara Usón, livres parus en espagnol :

Las noches de San Juan, Lumen, 1998.
Primer vuelo, El Aleph2001
El viaje de las palabras, Plaza & Janes Editores2005
Perseguidoras, Alfaguara, 2006
Corazón de napalm, Seix Barral, 2010
La hija del Este, Seix Barral, 2012

Ouvrages de Clara Usón traduits en français :

Cœur de napalm, JC Lattès, 2012
La Fille de l’Est, Gallimard, 2014